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Dossier : tout ce qu’il faut retenir sur Slack 

Mix entre Facebook, Skype et Drive, Slack est un espace de communication collaboratif. Plus qu’une application de messagerie, ce workplace déploie diverses fonctionnalités destinées aux utilisateurs professionnels. Son partenariat avec Amazon Web Service l’a rendue pragmatique. Gestion et partage de données, visioconférence ou réalisation de projet à distance, tout est possible sur cette plateforme. Voici les détails.

Slack est un espace de communication collaborative

Proche de Facebook, Slack est composé de plusieurs workplaces. Ce sont des espaces de collaboration où chaque participant peut contribuer à un groupe de discussion. Ces canaux de communication sont publics ou privés selon le choix des initiateurs. Il est également possible de dialoguer avec une personne en particulier via une messagerie instantanée de type chat.

À la différence des réseaux sociaux classiques, Slack dispose plusieurs extensions. Ce sont des « add in » qui intègrent une multitude d’outils tiers. Les espaces privés deviennent ainsi des plateformes de collaboration où les projets prennent vie. Comme pour les groupes de discussion Snaptchat, chaque instance Slack peut être renommée pour les besoins de l’entreprise qui l’utilise.

Il revient à chaque employé d’une société abonnée à Slack de rejoindre les groupes ou les canaux qui le concernent. Par ailleurs, certains espaces collaboratifs sont restés publics pour accueillir de nouvelles idées. En ce qui concerne les boîtes de dialogue, 2 à 8 personnes peuvent prendre part au chat qui demeure privé. Chacun peut répondre à un message précis ou intervenir de manière générale dans le groupe.

Les membres pourront réagir avec des émoticônes et des GIF comme sur Messenger. Pour certaines circonstances, les mémos et les flux RSS s’avèrent plus pertinents. Le partage d’extensions Add-In permet aussi de collaborer de manière efficace. Prônant la productivité, Slack est récemment devenu propriété de Salesforce. Depuis son lancement en 2013, de nombreuses innovations ont été apportées par l’équipe de Stewart Butterfield, Eric Costello et Serguei Mourachov.

Raisons d’adopter cet espace de travail collaboratif

Dès le premier essai, Slack s’avère intuitif. L’interface fait preuve d’une étonnante simplicité. Le design initial a été pensé par Stewart Butterfield, qui n’est autre que le créateur de Flickr. Les améliorations ont été apportées par MetaLab. Comparée à Microsoft Teams ou Basecamp, l’application est plus facile à prendre en main, même pour les utilisateurs peu habitués à la haute technologie.

L’efficacité est également un atout de taille pour cette application de Salesforce. L’éditeur de logiciels de gestion commerciale veut rendre le travail possible partout. Slack est un logiciel en tant que service ou SaaS. Il peut être ouvert depuis un ordinateur sous Microsoft Windows, un terminal avec l’OS d’Apple ou un téléphone portable tournant avec Google Android.

Ce SaaS rompt avec les logiciels de communication qui tend à jouer la carte de la sobriété. Le bleu est troqué contre des couleurs vibrantes. Cela dit, les usagers peuvent personnaliser l’outil à leur convenance en changeant la tonalité, quitte à apporter une note d’humour dans la rubrique messagerie instantanée.

Les entreprises peuvent garder le contrôle sur leur plateforme. Comme sur Skype, seuls les invités peuvent prendre part aux discussions. Il est possible d’écarter certains membres. Puis, les utilisateurs profitent d’un degré élevé de confidentialité. Pour cause, l’administrateur d’un workplace, en l’occurrence l’entrepreneur, ne pourra jamais s’immiscer dans les chats entre les salariés sans leur consentement.

Toutefois, le véritable avantage de Slack serait sa compatibilité avec d’autres outils collaboratifs. Les usagers pourront profiter de tout un écosystème d’applications. Il y a notamment les logiciels de développement de type GitHub, Jenkins et StackOverflow. Ceux qui travaillent sur les chiffres pourront aussi incorporer Google Analytics ou Salesforce. Tout cela fait de la plateforme un hub où tous les intervenants techniques et commerciaux se retrouvent.

Un SaaS à succès depuis son lancement

Avant d’aborder la question du tarif, il serait mieux d’évoquer quelques chiffres parlants sur Slack. Cette dernière a enregistré une croissance sans équivoque dès son année de lancement. Ce qui conduit à une valorisation de 20 milliards de dollars. Son outil collaboratif totalise 6,8 millions d’utilisateurs par semaine. Près de 5 millions de personnes se connectent quotidiennement sur la plateforme. Environ le tiers d’entre eux sont des abonnés payants.

Le succès de Slack a été tellement fulgurant que beaucoup de ses adversaires ont préféré changer d’activité. Le développeur Australien Atlassian fait partie de ceux qui ont choisi la coopération en place et lieu de la compétition. L’éditeur des logiciels de productivité Confluence et Jira a ainsi décidé de revendre ses applis de messagerie baptisées Stride et HipChat à Salesforce. Tout cela a permis à Slack de consolider son statut de leader dans son domaine de prédilection.

Il faut noter que Slack est disponible en mode gratuit. C’est la voie empruntée par beaucoup d’utilisateurs pour découvrir ses différentes fonctionnalités. Elle soumet l’usager à bon nombre de restrictions. Il ne pourra pas consulter l’intégralité des messages. Le nombre d’applications tierces intégrées s’arrête à 10. L’émission d’invitation est limitée. D’autres contraintes concernent chaque workplace en mode free.

Plusieurs formules d’abonnement au choix

tarifs slack

Afin de profiter pleinement des fonctionnalités de Slack, l’utilisateur doit opter pour la version payante du SaaS. Il existe plusieurs offres :

  • L’abonnement Standard s’adresse aux PME. Le tarif est fixé à 6,25 €/mois pour chaque utilisateur. Ce pack comprend des appels en visioconférence et le partage d’écran. Il permet l’archivage et l’intégration de données en illimitée. Des tiers pourront aussi être invités.
  • La version Plus est une offre pour les grandes entreprises. Proposée à 11,75 €/mois par utilisateur, elle inclut les fonctionnalités de l’abonnement Standard. Un système d’authentification articulée autour de SAML (SSO) est au rendez-vous. Les clients peuvent exporter des fichiers dans leurs messages.
  • La formule Enterprise Grid se destine aux multinationales ainsi qu’aux entités opérant dans un domaine fortement réglementé, dont les banques. Ces usagers pourront ouvrir autant d’espaces de travail qu’ils souhaitent. Une conservation optimale des données est ajoutée au panier. Les experts de l’éditeur répondent présents pour aider les grands groupes, notamment pour se conformer à la législation HIPAA ou autres règlements. La prestation est à la carte et le tarif devient personnalisé.

Collaboration avec Amazon Web Service

logo amazon web services

Slack s’appuie sur Cloud, en l’occurrence Amazon Web Service. D’ailleurs, l’équipe de la plateforme utilise uniquement les moyens techniques d’AWS en ce qui concerne le Big Data. Ainsi, les données créées depuis l’espace de travail sont stockées dans les serveurs du géant américain de l’e-commerce. Cette exclusivité n’est pas du goût de Microsoft qui déconseille Slack pour les utilisateurs de Windows. La firme de Redmond propose Teams, le premier alternatif à l’espace de collaboration de Salesforce.

Quoi qu’il en advienne, Slack et AWS ont signé un joint-venture pour plusieurs années. Les produits et services Cloud sont ainsi confiés à Amazon pour une longue période. Par ailleurs, des fonctionnalités telles que les appels vocaux et vidéo reposent sur des moyens technologiques fournis par Jeff Bezos. Ce magnat d’Internet est aussi propriétaire de SDK Amazon Chime. Cet outil fait office de support pour toute communication via Slack.

La fonctionnalité Slack Enterprise Key Management est géréz par AWS qui assure le chiffrement des échanges et contenus partagés sur l’espace collaboratif. Inversement, Amazon utilise Slack pour sa communication interne. Chatbot, AppFlow et diverses autres applications consolident cette entente. Cette confiance mutuelle se concrétise par une interopérabilité entre leurs supports respectifs pour le plus grand bonheur des utilisateurs particuliers comme professionnels.

Un gain de productivité grâce à cet outil collaboratif

Les entreprises s’abonnent sur Slack dans l’optique de gagner en productivité. La hausse exponentielle du chiffre d’affaires de SaaS prouve la confiance que les sociétés lui accordent. Des structures de toutes tailles l’ont adopté pour en faire un système nerveux central. Plus qu’une communication en interne efficace, elles vise la coordination de toutes les applications qui peuvent être compatibles à l’espace de travail.

Dans les faits, Slack demande à ses abonnés professionnels de créer un groupe qui aura droit à une URL. Si besoin, l’espace de travail propose également l’éventualité de localiser les données en France. Les serveurs mobilisés sont alors ceux basés dans l’Hexagone. Ce qui réduit le temps de charge des messages. Par ailleurs, l’utilisation de Slack permet de moins recourir aux emails et d’être moins tributaire de prestataires tels qu’Outlook ou Google. La communication centralisée implique le stockage de tous les echanges, commentaires et fichiers en cas de besoin de consultation.

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Par-dessus tout, les entreprises de petites et moyennes envergures profitent surtout de la gratuité de l’outil digital. Leurs dirigeants n’ont pas à fournir un numéro de carte bancaire ou d’une preuve de paiement. Le mode free convient pour les start-ups qui utilisent des applications Android, iOS ou Windows au quotidien. Le multichoix et diverses autres fonctionnalités sont accessibles avant un abonnement.

L’appartenance à Salesforce constitue un gage de sérieux

logo salesforce

Créée par 4 amis au patrimoine digital richement varié, Slack est devenue une propriété de Salesforce en décembre 2020. Le fournisseur de solutions en ligne focalisées sur la productivité et la vente acquiert la plateforme collaborative pour la bagatelle de 27 milliards de dollars. Ce géant du Cloud Computing annonce cet achat comme le plus cher qu’il n’a jamais effectué depuis son existence. Par ailleurs, il s’agit aussi de la seconde transaction la plus lourde de l’histoire des logiciels. À ce jour, seul Red Hat qui a été acquis par IBM en 2018 la devance avec la somme de 34 milliards de dollars.

Le CEO de Salesforce, Marc Benioff estime que cette acquisition est un investissement stratégique indispensable. Ce pari ambitieux lui permet de consolider sa place sur l’échiquier des logiciels et d’outils de travail en ligne. Le spécialiste de la gestion de clientèle (CRM) entend se diversifier et étendre significativement son champ d’activités. L’éditeur de solution pour centres d’appel se lance dans la messagerie Cloud collaborative.

Grâce à l’acquisition de Slack, permet à Salesforce de se positionner face à Microsoft Teams, l’autre référence en matière de plateforme de communicatio. Ce qui alimente davantage la rivalité entre les deux géants du digital qui mènent la danse dans le secteur du CRM. L’éditeur de Windows doit livrer bataille quotidiennement pour que son pack d’outils Dynamics 365 tienne tête à celui de Saleforce.

À l’heure actuelle, la popularité de Slack est massivement propulsée par la crise du COVID-19. Confinement oblige, de nombreuses entreprises contraintes au télétravail se tournent vers cette solution pour continuer à collaborer à distance. Ainsi, Salesforce mise sur un futur où la productivité rime avec emploi à domicile. L’achat d’une plateforme dédiée à la messagerie va encore rendre le duel beaucoup plus intéressant. Bien que les informations soient filtrées au compte-gouttes, Slack connaîtra sous peu des modifications pour être aussi efficace que Microsoft Teams.

Le marché des plateformes collaboratives est en plein ébullition

Bien que Microsoft Teams et Slack retiennent l’attention des entreprises en matière d’espace de communication collaboratif, ce ne sont pas les seules plateformes existantes. D’autres prestataires sont dans la mêlée. C’est le cas de Flock une solution alternative venant d’Inde. Des noms tels que Ryver ou Glip commencent également à retentir. Ces deux challengers se démarquent par l’intégration d’un gestionnaire de tâches à leur pack de services.

Fleep est une énième plateforme collaborative à retenir. Développée par une ancienne tête pensante de Skype, elle relève un certain nombre de défis. L’ex-directeur de produit du logiciel de chat et vidéo Microsoft entend ainsi apporter des fonctionnalités supplémentaires à son propre projet. Encore en pleine croissance, Fleep permet de créer des groupes de discussion et d’épingler des fichiers qui sont directement lisibles.

Microsoft et Salesforce suivent également de près l’évolution des plateformes de communication open source. Des ténors tels que Rocket.Chat ou Mattermost se font entendre dans ce secteur. Puis, il y a Wrike qui a été acheté par l’étoile montante du Cloud, Citrix en janvier 2021. Pesant 2,25 milliards de dollars, cet espace collaboratif ressemble énormément à Slack.

Troublante ressemblance avec Clubhouse

Certaines fonctionnalités de Slack sont similaires à celles de Clubhouse. Pour les néophytes, cette plateforme de chat audio héberge des milliers d’hôtes. Réseau social créé en pleine pandémie du Covid19, il a permis aux internautes de discuter avec des personnalités. Parmi les illustres abonnés, il y avait le milliardaire visionnaire Elon Musk, la présentatrice Oprah Winfrey ou le rappeur Drake.

Slack permet actuellement de passer les appels vocaux, mais le dialogue s’effectue d’abord entre les membres de la communauté. Dans un futur proche, des salles de discussion virtuelles vont voir le jour. Elles s’accompagneront de vidéo, mais nécessitent de programmer à l’avance les interviews. La similitude avec les Rooms de Clubhouse est frappante. Toutefois, les techniciens rassurent que les deux plateformes empruntent deux évolutions distinctes. L’une entretient la popularité et l’autre booste la productivité.

Se protégeant contre les remarques sur la copie des fonctionnalités Clubhouse, les responsables de Slack attirent l’attention sur un énième adversaire. Ils reconnaissent davantage suivre les traces de Zoom. Ce fournisseur d’application de visioconférence existe depuis 2011. Il propose des meetings online gratuits jusqu’à 100 participants.

Quoi qu’il en soit, les développeurs de Slack ne cachent pas leur intention de s’inspirer de solutions de communication existantes. Ils peuvent ainsi prendre des modèles sur Instagram, Twitter ou Facebook. Le lancement de l’équivalent des « Stories » en est la preuve. Beaucoup se demandent si cette nouvelle fonctionnalité est bien utile ou une manière d’attirer davantage de clients.

L’ambition de remplacer l’email et le téléphone

Grâce à Slack Connect, la plateforme collaborative compte détrôner des outils tels que Microsoft Teams. Cette fonctionnalité permet de communiquer avec une vingtaine d’organisations distinctes. Ce qui aide les entrepreneurs à gérer l’ensemble de leurs partenaires sociaux sur une seule appli. Slack a dépassé le cap d’Ethernet pour devenir un moyen technologique alternatif au courriel et au téléphone.

L’envoi de messages vers des personnes externes à la société est une réalité depuis 2017. C’est possible grâce aux canaux partagés. Ainsi, deux organisations qui ont leurs propres espaces de travail respectifs peuvent interagir. Slack Connect évite de vérifier régulièrement les emails. Il supporte l’échange avec 20 interlocuteurs distincts sur un seul écran.

Autre fonctionnalité marquante, Slack Huddles permet l’émission et réception d’appel vocal. Elle se destine aux entreprises qui doivent adopter le télétravail en période de crise sanitaire. Contrairement à ce qui se fait sur Skype ou Messenger, la conversation peut être entamée en un clic, sans le son typique de la composition. Il sera même possible de se parler à plusieurs comme dans une salle de réunion. Chacun est libre de rejoindre ou de quitter la discussion à sa guise.

Un Huddle peut regrouper jusqu’à 50 participants lors des assemblées générales. Il propose de s’entretenir en privé via un système d’invitation. Outre la voix, les outils tels que le partage d’écran ou l’envoi de fichier rapprochent les collaborateurs. Cette fonctionnalité est accessible sur PC ou sur un Smartphone si le patron veut parler à un employé encore coincé dans les embouteillages.

Slack est loin d’être parfait

Ceux qui emploient Slack au quotidien peuvent rapidement énumérer les défauts de cette application. La plateforme compte bon nombre de lacunes qui pourront toutes être corrigées.

  • La possibilité de créer multiple canaux peut virer au désordre. Pour cause, les utilisateurs se retrouvent à les consulter continuellement pour se tenir au courant des dernières nouvelles. D’ailleurs, beaucoup d’entreprises estiment que Slack est trop chronophage en plus d’être addictif dans une certaine mesure.
  • Les usagers déplorent également l’absence de fonctionnalité qui permet de bloquer ou mettre en sourdine des contacts. Ce qui devient problématique en présence de harceleurs ou de collègues trop « pot de colle » dans l’entreprise.

En février 2021, Slack a fait l’une des pires erreurs de son existence. La plateforme a enregistré en clair les données des utilisateurs. Cela signifie que les renseignements compromettants ont été exposés aux tiers, en l’occurrence les hackers. Le souci découle d’un bug sur une application Android. Il a fallu tout un mois pour que les techniciens découvrent l’erreur et apportent les mesures correspondantes. L’ensemble des abonnés, soit environ 10 millions d’entreprises ont dû réinitialiser leurs mots de passe et effacer les caches de l’application mobile. Comme le dit bien Dzamel Debbouzze dans le film Alad2 : « Quelle décevance ».

 

Yohann G.